Le ministère de l’Hydraulique a commémoré, hier à Alger, la Journée mondiale de l’eau, placée cette année sous le slogan : « Là où coule l’eau, l’égalité grandit ».
Une occasion pour les responsables du secteur de dresser le bilan des réalisations et de réaffirmer les ambitions du pays en matière de sécurité hydrique. Dans son allocution, le Secrétaire général du ministère, Omar Bougueroua, a rappelé que cette journée, célébrée tous les 22 mars à travers le monde, constitue « un moment de réflexion, d’évaluation et de renouvellement de l’engagement collectif » pour la préservation de cette ressource vitale. Il a insisté sur la place centrale de l’eau dans la vie des sociétés : « L’eau n’est pas un simple élément naturel : elle est la base de la vie, le berceau des civilisations et le socle sur lequel se construisent les nations », a-t-il déclaré. Revenant sur le thème retenu cette année, il a souligné sa portée profondément sociale. L’accès équitable à l’eau, a-t-il expliqué, « n’est pas un choix, mais une exigence fondamentale », conditionnant à la fois la dignité humaine et la cohésion sociale. A cet effet, l’Algérie a fait de l’accès à l’eau une priorité nationale. Selon Bougueroua, cette orientation s’est traduite par des politiques ambitieuses visant à garantir l’eau pour tous, sans exclusion, notamment à travers de grands projets de transfert et d’interconnexion des barrages, destinés à rééquilibrer la distribution des ressources à l’échelle du territoire. Il a souligné que ce droit est désormais inscrit dans la Constitution. L’article 63 consacre, en effet, l’engagement de l’État à garantir l’accès à l’eau potable, illustrant une volonté politique forte d’ériger cette ressource en droit fondamental. Sur le terrain, cet engagement s’est matérialisé par des investissements massifs et la mise en place d’infrastructures structurantes pour faire face à des défis de plus en plus pressants, notamment les effets du changement climatique, la raréfaction des ressources et la multiplication des phénomènes extrêmes. Pour répondre à ces enjeux, l’État a misé sur des solutions durables, en particulier le dessalement de l’eau de mer, devenu un pilier de la stratégie nationale de sécurité hydrique. Les chiffres avancés témoignent de l’ampleur des efforts engagés, avec la réalisation de 19 grandes stations et 13 petites unités de dessalement pour une capacité totale de 3,8 millions de m³ par jour. À cela s’ajoutent 18 projets de transfert d’eau ainsi qu’un vaste programme d’interconnexion des barrages, comprenant 81 barrages réalisés et de nombreux forages. Par ailleurs, 37 stations de déminéralisation ont été mises en place, accompagnées de 186.000 km de réseaux d’alimentation en eau potable et de 97.000 km de réseaux d’assainissement, ainsi que de 234 stations d’épuration des eaux usées. « Ces réalisations ne sont pas que des chiffres. Elles traduisent une volonté concrète d’assurer un service public de qualité et un cadre de vie conforme aux exigences du développement durable », a affirmé le responsable. Dans une perspective d’avenir, il a également évoqué les efforts en cours visant à valoriser les eaux usées épurées et à les réutiliser dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie, afin de réduire la pression sur les ressources traditionnelles. Aujourd’hui, avec un taux de raccordement atteignant 98 % pour l’eau potable et 93 % pour l’assainissement, l’Algérie affiche des résultats significatifs, même si, selon lui, « les défis restent importants ». De son côté, Miloud Medjelled, Secrétaire général au ministère des Hydrocarbures et des Mines et représentant du ministre, a livré un plaidoyer appuyé en faveur d’une gestion durable et innovante des ressources hydriques, dans un contexte marqué par de fortes pressions climatiques et une demande croissante en eau. Il a rappelé que cette ressource, désormais au cœur des équilibres mondiaux, constitue un enjeu majeur de sécurité nationale et un levier essentiel du développement durable. Face à ces défis, les États sont appelés à repenser leurs politiques pour garantir l’accès à l’eau, soutenir la croissance économique et préserver les ressources pour les générations futures. En Algérie, cette vision se traduit par la mise en œuvre de la Stratégie nationale de l’eau 2021-2030, impulsée par les orientations du président de la République. Celle-ci repose notamment sur la diversification des sources d’approvisionnement, avec un accent particulier sur le dessalement de l’eau de mer, érigé en solution stratégique pour assurer la sécurité hydrique du pays. Dans ce dispositif, le secteur des Hydrocarbures et des Mines occupe une place déterminante. À travers le groupe Sonatrach et ses filiales, dont la Société Algérienne de Dessalement de l’Eau, il met à profit son expertise technique et industrielle pour accompagner la concrétisation de cette politique. « Aujourd’hui, les résultats sont tangibles : 19 stations de dessalement sont en exploitation le long du littoral, avec une capacité globale de 3,8 millions de mètres cubes par jour, couvrant environ 42 % des besoins nationaux en eau potable », a noté le même responsable. La dynamique se poursuit avec le lancement de six nouvelles stations, chacune dotée d’une capacité de production de 300.000 m3 par jour. Trois projets sont déjà en cours de réalisation, notamment dans les wilayas de Tlemcen, Chlef et Mostaganem, en partenariat avec des entreprises nationales de référence telles que Cosider et l’ENGTP. À moyen et long termes, ces infrastructures devraient permettre de porter la couverture des besoins en eau à près de 60 %, tout en générant des milliers d’emplois et en renforçant les compétences nationales dans un domaine à forte valeur stratégique. Au-delà des chiffres, Miloud Medjelled a insisté sur l’importance de la coordination entre les différents acteurs du secteur. Il a salué, à ce titre, la synergie entre les entreprises publiques, notamment entre les opérateurs de dessalement et ceux de la distribution, qui reflète la volonté des pouvoirs publics d’améliorer la qualité du service rendu aux citoyens. Le développement du dessalement ne répond pas uniquement à l’urgence de la rareté de l’eau. Il s’inscrit également dans une vision industrielle plus large, articulée autour de trois priorités, notamment la construction d’une filière nationale intégrée, le développement de technologies locales, notamment dans le domaine des membranes, et la réduction des coûts grâce à l’exploitation des énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire. Par ailleurs, des efforts sont engagés pour innover dans le traitement des rejets salins issus du dessalement, afin de limiter leur impact environnemental et d’améliorer la durabilité globale de ces installations. En outre, le responsable a tenu à rappeler que la sécurité hydrique ne dépend pas uniquement des grands projets structurants. Elle repose également sur une prise de conscience collective quant à l’importance d’une utilisation rationnelle de l’eau. « Préserver chaque goutte aujourd’hui, c’est garantir l’avenir de demain », a-t-il souligné. Réaffirmant l’engagement de son secteur, M. Medjelled a assuré que les efforts se poursuivront, en étroite coordination avec le secteur des Ressources en eau et l’ensemble des parties prenantes, pour renforcer durablement la sécurité hydrique du pays.
Dessalement, interconnexion des barrages et réutilisation des eaux usées, les efforts sont multipliés afin de renforcer la sécurité hydrique, élargir l’accès à l’eau et faire face aux défis du changement climatique.
R. B.
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Innovation dans le secteur de l’eau : SEAAL s’allie à Algeria Venture
A cette occasion, la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) a signé un protocole d’accord avec Algeria Venture, marquant le lancement officiel d’un programme d’accélération conjoint dédié aux startups. Ce dispositif vise à accompagner et soutenir les jeunes entreprises porteuses de projets innovants dans les domaines de l’eau potable et de l’assainissement, à travers la concrétisation de solutions pilotes directement sur le terrain. À travers ce partenariat, SEAAL réaffirme son engagement en faveur de l’innovation et son ouverture à l’écosystème des startups, en encourageant l’intégration de solutions technologiques modernes pour améliorer la qualité et l’efficacité du service public. L’entreprise souligne également que ce programme d’accélération est désormais entré en phase opérationnelle, dépassant le stade d’un simple cadre théorique. Dans ce contexte, un premier projet pilote est déjà en cours de mise en œuvre. Il porte sur le déploiement d’un système de télégestion au niveau d’un site hydraulique, en partenariat avec la startup DEO. Ce projet constitue une première concrétisation de ce programme ambitieux et illustre la volonté d’intégrer des solutions innovantes basées sur les technologies de pointe, afin d’optimiser la performance des installations et d’améliorer durablement le service rendu aux usagers.
R. B.