Journée internationale des droits des femmes – Entrepreneuriat féminin : des potentialités avérées

Le paysage économique national traverse une mue silencieuse, mais profonde, où la figure de la femme active n'est plus une exception, mais un moteur de croissance.

Sous l'impulsion d'une volonté politique affirmée et de réformes structurelles audacieuses, la femme algérienne s'impose désormais comme un pilier incontournable de la croissance nationale. Les données du Centre national du registre du commerce (CNRC) sonnent comme un manifeste. La participation féminine à l'économie formelle a bondi de 37% depuis la fin de l'année 2019. Avec 218.486 femmes commerçantes recensées au cours de la première semaine de mars 2026, contre 159.807 au 31 décembre 2019. Ce bond quantitatif témoigne de la réussite des stratégies de formalisation et de l’émergence d’une nouvelle dynamique entrepreneuriale qui irrigue désormais l’ensemble du territoire. Cette dynamique est le fruit d'un engagement constant des pouvoirs publics, pour créer un environnement favorable à l'autonomisation.

La révision constitutionnelle de 2020 a posé les jalons d'une parité renforcée, tandis que la modernisation des dispositifs d’appui, comme l’ANADE et l’ANGEM, a permis de passer d'une logique de simple assistance à une véritable stratégie d'insertion économique. En facilitant l'accès au micro-crédit et en dématérialisant les procédures administratives, l'État a levé de nombreux obstacles bureaucratiques, encourageant les femmes à transformer leurs projets en entreprises viables, particulièrement dans les secteurs de la technologie, de l'agro-industrie et des services innovants. Achour Benkerrou, expert reconnu en développement et politiques publiques, souligne la pertinence de cette orientation nationale, tout en traçant les contours d'une optimisation nécessaire. Selon lui, la mise en place de politiques de soutien à l’autonomisation est «incontestable», le gouvernement ayant su garantir un cadre protecteur et incitatif.

L'enjeu actuel, tel qu'il le définit, est de faire de l'entrepreneuriat féminin, un «levier de la croissance économique nationale» à part entière, en passant d'une approche globale à une stratégie encore plus ciblée, notamment pour les zones rurales. L'approche opérationnelle proposée par l'expert s'articule autour de la construction d'un cadre réglementaire spécifique à l'économie sociale et solidaire (ESS). La promotion de la «famille productive» est au cœur de cette vision. En révisant la politique nationale d’appui à la petite et moyenne entreprise pour la rendre plus sensible à l'initiative féminine, les pouvoirs publics visent à valoriser l'excellence et le mérite. L'objectif est de professionnaliser davantage l'accompagnement, en renforçant les capacités de gestion des entrepreneures et en favorisant une gouvernance institutionnelle basée sur la compétence et la transparence.

Au-delà de la gestion administrative, l'engagement économique des femmes reste tributaire d'un écosystème complexe. Sur le plan juridique, si l'égalité est gravée dans la loi, l'expert observe que l'accès effectif au foncier et aux garanties bancaires «demeure un parcours semé d'embûches, souvent lié aux pratiques successorales traditionnelles». Sur le plan socioculturel, la «double journée» ou la gestion des responsabilités domestiques, cumulée à l'activité professionnelle, reste le frein majeur à l'épanouissement des carrières féminines. En l'absence d'une généralisation des structures de garde d'enfants et de services sensibles au genre, l'entrepreneuriat devient, parfois, pour beaucoup, un choix de flexibilité par défaut, plutôt qu'une ambition de croissance.

L'avenir de l'économie algérienne se joue, désormais, sur sa capacité à passer d'une logique de flux, ou l'augmentation des registres du commerce à une logique de durabilité et de pérennité. L'intégration de l'économie sociale et solidaire, et la valorisation de la «famille productive» pourraient être les clés de cette transition, selon M. Benkerrou. Ainsi, 218.486 femmes inscrites au registre du commerce sont à la fois une victoire et un appel. Une victoire pour leur résilience et l'importance de l'initiative individuelle.

Un appel pour que les pouvoirs publics soient enfin à la hauteur de leur potentiel, en abandonnant les approches fragmentées, au profit d'une stratégie nationale intégrée, à la hauteur des enjeux.

T. K.

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Sétif : du combat au front du développement

C’est dans une ambiance festive emprunte de joie et de fierté que les femmes à Sétif ont tenu à célébrer la journée du 8 mars, à l’issue de laquelle la gent féminine n’a pas manqué de réitérer son attachement aux valeurs de Novembre et son engagement à poursuivre les efforts consentis dans la construction de l’Algérie nouvelle. Une journée à l’issue de laquelle les femmes, agissant sur tous les fronts du développement national, n’ont pas manqué de mettre en exergue les acquis et les réalisations d’envergure qui ont vu le jour ces dernières années.

Une journée à l’issue de laquelle un vibrant hommage a été également rendu à cette femme courage qui s’est sacrifiée durant la glorieuse Révolution de novembre et qui est resté debout durant la décennie noire contre les forces du mal. Comme partout à travers diverses institutions et organisations, cette joie était également largement perceptible parmi les femmes fonctionnaires de la wilaya et des différentes daïras qui ont été honorées par le wali de Sétif, Mustapha Limani, en présence des élus et des cadres de cette institution.

Le chef de l’exécutif de wilaya, qui s’est exprimé à cette occasion, n’a pas manqué d’adresser ses vives félicitations et adressé un vibrant hommage à toutes ces femmes, pour la présence constante et les efforts déployés au travail et sur les différents fronts de la vie. Il a souligné l’importance que revêt cette journée, saisissant cette occasion pour réitérer respect et reconnaissance à la femme, artisane des générations et maillon fort de la construction de la société. Comme il a mis en exergue le parcours militant de la femme durant la glorieuse guerre de Libération et les sacrifices endurés pour le recouvrement d’une liberté spoliée par l’occupant et poursuivre aujourd’hui sa contribution dans la dynamique du développement national. Une journée marquée en soirée à la maison de la Culture Houari-Boumediène par d’importantes festivités organisées par l’UNFA et à l’issue desquelles plusieurs femmes seront également honorées.

F. Z.

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Oran : une cérémonie en l’honneur des femmes

La Journée internationale des droits des femmes a été marquée, à Oran, par une cérémonie d’accueil présidée par le wali, Brahim Ouchene, en l’honneur des femmes représentant diverses institutions, corps constitués et la société civile. Dans son allocution, le wali a mis en exergue la grande avancée réalisée par la femme algérienne dans tous les domaines à travers, notamment, les missions pleinement assumées au service de son pays. Il a salué la place hautement méritée qu’occupe la femme algérienne dans notre pays reflétant l'intérêt accordé par les autorités du pays au plus haut niveau, ainsi que le rôle central de la femme algérienne dans la construction de la société, soulignant qu’elle a été présente à toutes les étapes de l’histoire du pays.

Il a rappelé les sacrifices consentis par les femmes durant la guerre de Libération nationale, ainsi que pendant les années difficiles qu’a traversées l’Algérie, tout en mettant en avant leur contribution aujourd’hui au développement du pays et leur présence croissante dans les différents secteurs et responsabilités. À l'occasion de cette journée, les autorités de la wilaya ont honoré des femmes de différents corps et institutions, ainsi que des journalistes.

A. S.

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Mascara : la femme au-devant de la scène

Célébrée le 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes reste une journée d’action et de sensibilisation pour l’égalité femmes-hommes, les droits des femmes et la lutte contre les discriminations pour l’égalité femmes-hommes issue de mouvements ouvriers au début du XXe siècle. Et c’est dans ce contexte que la wilaya de Mascara a commémoré cet évènement, en élaborant un programme riche mettant en exergue les diverses activités de la femme. «Cette année, la journée est célébrée dans un contexte particulier, puisque la date coïncide avec le mois béni de Ramadhan», a déclaré Mme Ghalmi, secrétaire de l’Union Nationale de la Femme Algériennes de la wilaya, qui a tenu à rappeler le combat que mène cette organisation pour atteindre les objectifs assignés.

Un hommage est rendu aux femmes algériennes, pour leur participation au développement de la région aux côtés de leurs frères. Les autorités locales de la wilaya de Mascara ont organisé des cérémonies pour honorer les femmes qui activent et qui se distinguent dans divers secteurs tels que l’éducation, la santé, l’administration et l’agriculture. Une attention particulière est portée aux femmes engagées dans les corps militaires et paramilitaires, ainsi que dans les corps constitués.

De nombreuses associations locales ont mis à profit cette journée, pour organiser des élans de solidarité, notamment en faveur des femmes au foyer et des familles nécessiteuses. Des journées d’information sont au programme au niveau des structures de santé sur les thématiques spécifiques de la santé féminine. Des scènes mettant en relief la participation de la femme durant la guerre Libération via des expositions photos et des scènes de théâtre pour enfants a suscité un engouement populaire particulier au sein de la gent féminine, car ces activités incarnent les sacrifices consentis par les femmes de la région durant la guerre de Libération et qui constituent un héritage très pesant dans la mémoire collective de Mascara.

A. B.

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