Près de 65 kg de bouteilles plastiques ont été collectés et triés, à Alger en quelques semaines, illustrant l’engagement concret des jeunes pour la protection de l’environnement.
«Cette réussite, a déclaré la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouthar Krikou, a été mise en lumière hier au musée national du Bardo lors de la cérémonie de clôture de cette initiative pilote dédiée au tri sélectif». La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant du Conseil du renouveau économique algerien (CREA), Djamel Zoubir, et du directeur du cabinet du recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Bachir Bessaoud, ainsi que de nombreux partenaires. Lancée à la mi-février durant le mois de Ramadhan, cette opération a été déployée à l’échelle nationale dans les centres commerciaux, en coordination avec le ministère du Commerce intérieur et le Conseil du renouveau économique algérien. Elle a mobilisé un large éventail d’acteurs, des institutions publiques aux établissements éducatifs, en passant par la société civile et les opérateurs économiques. La cérémonie a été marquée par la mise à l'honneur des enfants lauréats. Leur engagement a été salué comme un modèle de citoyenneté environnementale, favorisant l'ancrage des pratiques de tri et le développement du recyclage, en phase avec la stratégie nationale de lutte contre la pollution plastique. Dans son intervention, la ministre a rappelé que cette initiative, dont la clôture coïncide symboliquement avec le troisième jour de l’Aïd el-Fitr, vise avant tout à inculquer une culture écologique dès le plus jeune âge. Mme Krikou a également souligné que les résultats obtenus, bien que réalisés sur une courte période, témoignent du potentiel de ce type d’actions à plus grande échelle. Portée par ce succès, l’opération sera poursuivie toute l’année dans les centres commerciaux et les maisons de l’environnement. La ministre a souligné l’importance de renforcer les campagnes de sensibilisation, appuyées par la nouvelle législation encourageant le recyclage, désormais considéré comme une ressource économique dans le cadre de l’économie verte. Mme Krikou a ensuite rappelé que l’événement a aussi offert aux participants des ateliers pratiques, comme des sessions de cuisine traditionnelle, mettant en lumière le savoir-faire des femmes rurales et leur contribution à l’utilisation durable des ressources, tout en soutenant un modèle de développement respectueux de l’environnement. De son côté, la chargée de la gestion des affaires à l’Agence nationale des déchets (AND), Fatma Zohra Barça, a rappelé que l’initiative avait été déployée dans 15 wilayas du territoire national. «Cette opération nous permet de mesurer le gisement de plastique pouvant être collecté par les différents acteurs engagés dans la récupération et le recyclage, explique-t-elle. La matière plastique est très présente dans nos poubelles et elle représente des volumes importants. Sur les 15 millions de tonnes de déchets produits chaque année en Algérie, près de 3,88% correspondent au PET, très courant pour les bouteilles. Si l’on prend le plastique dans son ensemble, il représente environ 15% des déchets ménagers. Ces quantités sont significatives et fortement valorisables, car de nombreux opérateurs du secteur du recyclage les utilisent pour fabriquer de nouveaux produits. »Elle a également insisté sur l’importance de la récente législation : «La loi 25 02, promulguée en février 2025 et qui complète la loi 01 19 sur la gestion, le contrôle et l’élimination des déchets, nous permet de passer progressivement à une économie circulaire. Mais il est impossible de parler d’économie circulaire sans tri sélectif à la source, que ce soit au niveau des ménages ou des entreprises. C’est un point de départ essentiel pour renforcer la récupération et le recyclage». Selon Mme Barça, le secteur est en pleine croissance : «Nous comptons aujourd’hui un peu plus de 1.900 opérateurs actifs dans la récupération et le recyclage des déchets non dangereux, notamment ménagers. Mais de nombreux défis restent à relever. Il faut accompagner ces opérateurs, faciliter leur accès aux gisements et les aider à identifier les technologies les plus adaptées pour transformer les déchets en nouvelles ressources. Le ministère de l’Environnement, à travers ses organismes sous tutelle, apporte son soutien par des études et des conseils personnalisés en fonction des besoins de chacun».
R. B.