Hydrocarbures, mines, ciment… : le Tchad sollicite l’expertise algérienne

Le Tchad semble déterminé à tirer profit de l’expertise algérienne dans divers domaines, allant des hydrocarbures aux ressources minérales, en passant par les mines ou encore l’industrie du ciment, et d'établir un partenariat bilatéral solide.

La question a été, en tous les cas, largement évoquée, lors de la visite de trois jours dans notre pays de la ministre tchadienne du Pétrole, des Mines et de la Géologie, qui a profité de son séjour pour rencontrer plusieurs membres du gouvernement, dont une importante réunion de travail, présidée par le ministre de l'Industrie, où l’accent a été mis justement sur le renforcement de la coopération dans les domaines suscités.

La rencontre a également permis d'évoquer les perspectives en matière d'accompagnement technique, la réalisation d'un diagnostic industriel et minier, et le transfert d'expertises et de connaissances, en vue de contribuer au développement de la filière cimentière au Tchad. En présence de Mohamed Arkab, ministre d'État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, et Karima Bakir Tafer, Secrétaire d'État chargée des Mines, Yahia Bachir a fait part de la disposition de l'Algérie à partager son expertise avec le Tchad, notamment pour l'industrie du ciment et des matériaux de construction, à travers l'accompagnement technique et la formation des compétences.

Cité par l’APS, qui a repris un communiqué du ministère, il a aussi évoqué la possibilité, pour le Tchad, de transformer localement le clinker algérien en ciment dans les unités de broyage, comme solution transitoire initiale, pour combler le déficit enregistré sur le marché tchadien, en attendant l'entrée en service des usines de production intégrées. Cette orientation vers le ciment n’est pas anodine. Et pour cause, l’Algérie est devenue un «modèle de réussite» dans l'industrie nationale, ce qui lui a permis «d'atteindre l'autosuffisance» et de «développer d'importantes capacités d'exportation».

De son côté, Arkab a souligné que l'Algérie est «pleinement disposée» à «accompagner» le Tchad dans ces domaines, «conformément aux orientations» du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à «renforcer» la coopération régionale et à «soutenir» les pays «frères» dans les secteurs industriel, minier et énergétique. Pour sa part, Ndolenodji Alixe Naïmbaye a indiqué que le Tchad connaît une dynamique de développement «accélérée» et considère que le ciment constitue un matériau «essentiel» et «central» pour la réalisation des projets d'infrastructures et le développement du secteur de l'habitat. «Mon pays dispose d'importantes ressources minières exploitables dans le domaine de l'industrie du ciment, mais Il ne compte actuellement que deux cimenteries, qui ne couvrent pas les besoins nationaux», a-t-elle révélé.

Ce constat a conduit les deux partis à se mettre d’accord pour envoyer une équipe de spécialistes de GICA, le Groupe Industriel des Ciments d'Algérie, afin d'évaluer les potentialités techniques, industrielles et minières pour le développement du secteur de l'industrie du ciment au Tchad, et de formuler les recommandations nécessaires concernant la conception et l'exploitation des futures unités de production, insistant sur la poursuite de la coordination et de la concertation, pour la concrétisation de projets de coopération dans les domaines de l'industrie du ciment et des matériaux de construction, et de l'exploitation des ressources minérales, des mines et des hydrocarbures.

SAM

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