Formation professionnelle : la mutation vers l’excellence engagée

La transformation du capital humain est devenue, pour l’Algérie, le levier névralgique de sa résilience économique. En marge d’une réunion internationale de haut niveau tenue à Tunis, consacrée au lancement du rapport régional «Apprendre aujourd’hui pour construire demain : excellence et équité à travers les compétences des jeunes», la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels a réaffirmé une conviction profonde : le système national doit impérativement basculer vers la production de compétences hautement qualifiées, flexibles et à forte valeur ajoutée.
Dans un contexte mondial marqué par des mutations technologiques effrénées, cette ambition dépasse le simple cadre pédagogique. Elle s’inscrit au cœur des choix stratégiques de l’État pour ancrer la souveraineté nationale et garantir une stabilité socio-économique durable. Lors de cet échange, qui a vu la participation du ministre tunisien de l’Emploi et de la Formation ainsi que d’experts de l’UNESCO et de l’OIT, Nassima Arhab a tracé une ligne directrice claire : le passage d’une logique de moyens à une logique de résultats. Le véritable enjeu, souligne la tutelle, est de restructurer radicalement les systèmes de formation en abandonnant les modèles classiques, devenus obsolètes face aux réalités du marché, au profit d’approches fondées sur l’excellence et l’analyse rigoureuse des données. Cette transformation n’est pas une option, mais une nécessité pour répondre aux exigences du développement durable. Elle est le socle sur lequel reposera la performance économique future du pays.
Le consensus collectif qui a clôturé les travaux à Tunis témoigne de la convergence des visions régionales : la cadence des réformes structurelles doit être accélérée. Concrètement, la mutation est déjà en marche en Algérie. Le secteur a engagé un profond processus d’adaptation pour répondre aux besoins pressants des secteurs stratégiques comme le numérique, l’agroalimentaire et la construction. Plus de 40 nouvelles spécialités ont été introduites, témoignant d’une volonté d’anticiper les besoins du marché de l’emploi. Parmi les axes majeurs de cette réforme, l’introduction de filières innovantes telles que l’aquaculture, la gestion de la qualité et la maintenance industrielle marque une volonté de diversifier les compétences. Cette dynamique repose sur une approche par compétences, où le savoir-faire concret supplante la théorie pure. Le partenariat avec les entreprises est ici décisif : les secteurs économiques sont désormais impliqués directement dans l’élaboration des programmes, garantissant ainsi une adéquation quasi immédiate entre l’offre de formation et la demande des recruteurs. Le renforcement du réseau national, porté notamment par le cadre réglementaire récent, permet la création de centres d’excellence et d’instituts spécialisés.
Cette modernisation est indissociable de la transition numérique, qui irrigue désormais l’ensemble des nouveaux cursus.L’autre étape importante a été franchie il y a deux semaines, avec le lancement officiel du Référentiel national des formations et des compétences (RNFC). Ce projet constitue la pierre angulaire d’une nouvelle stratégie visant à instaurer des parcours de formation agiles, capables de s’ajuster instantanément aux soubresauts technologiques. Le RNFC ne sera pas seulement un outil de classification, mais un véritable instrument de pilotage permettant de bâtir un système cohérent, moderne et, surtout, efficace. Pour l’Algérie, l’objectif est limpide : ne plus simplement suivre les évolutions du monde des métiers, mais former une génération de travailleurs capables de les anticiper et d’en devenir les moteurs. Par ces réformes ambitieuses, le gouvernement à travers le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels pose les jalons d’un système où la compétence est la valeur cardinale, transformant ainsi le capital humain en un actif stratégique majeur pour le développement et la souveraineté du pays.

M. M.

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