Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est revenu sur les principaux axes de l’action de l’État, mettant en avant les réformes institutionnelles engagées, les choix économiques opérés et les efforts déployés en faveur de la stabilité nationale.
L’entrevue a été marquée par une large séquence économique. Le Président a mis en avant les projets structurants, à leur tête l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet, le lancement imminent de la mine de plomb et de zinc d’Oued Amizour et l’extension du réseau ferroviaire national. « Ce n’est que le début » a affirmé le Président assurant que ces projets vont permettre de faire de l’Algérie un pays émergent, avec un PIB appelé à dépasser les 400 milliards de dollars à l’horizon 2027. Il a souligné la maîtrise de l’inflation et la protection du pouvoir d’achat, réaffirmant le caractère social de l’État.
Au plan institutionnel, le chef de l’État a réaffirmé l’importance de la révision technique de la Constitution, présentée non comme une remise en cause de la Loi fondamentale de 2020, mais comme un ajustement nécessaire visant à lever certaines contraintes pratiques dans son application. Le chef de l’Etat a aussi réaffirmé son attachement au principe de l’alternance et à la pérennité des institutions au-delà des personnes. Abdelmadjid Tebboune a défini les contours d’un dialogue national porteur affirmant qu’il s’agit d’un véritable projet de société, loin de toute logique de « spectacle ».
Dans le même esprit, il a réitéré son attachement aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de la presse, tout en rappelant la nécessité de les exercer dans le respect des lois, de l’éthique et de l’unité nationale. Enfin, sur le plan diplomatique, Abdelmadjid Tebboune a lancé « on s’entend bien avec les grandes puissances » notamment l’Italie, la Chine, la Russie et les Etats-Unis, rappelant que la souveraineté est non négociable et que l’Algérie ne se fera jamais dictée ses positions.
H.Y.
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Révision technique de la constitution : «Notre motivation est de bâtir une véritable démocratie»
Des propos solennels du chef de l’Etat, l’on retient surtout qu’il s’agit d’une démarche qui vise surtout à garantir que les textes les plus nobles ne soient jamais entravés par des imperfections d’application. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, réaffirme avec force la pertinence et toute l’importance que revêt le projet de révision technique de la Constitution.
Lors de l’entrevue périodique qu’il a accordée samedi soir aux représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir sur les chaînes de télévision et de radio, le chef de l’Etat a mis en relief, arguments à l’appui, la nécessité des amendements techniques de la Loi fondamentale. Des amendements qui s’imposent, non pas comme un acte politique ordinaire, mais comme une étape décisive et réfléchie dans la maturation continue de l’État de droit, a-t-il expliqué. « Notre motivation principale est de construire une démocratie véritable, ancrée dans une référence constitutionnelle et politique solide et modernisée » a affirmé, avec une conviction palpable, le Président Tebboune. En d’autres termes, il ne s’agit nullement de remettre en cause l’esprit ou les grands équilibres de la Constitution de 2020, texte novateur salué par le Président lui-même.
« La Constitution actuelle est complète » a-t-il indiqué, non sans préciser qu’elle a aussi fait l’objet d’une adhésion consensuelle. « Elle a même introduit des avancées majeures consacrées, telles que la constitutionnalisation historique de la Proclamation du 1er Novembre 1954, acte fondateur de la Nation, ou encore la création institutionnelle du Conseil supérieur de la jeunesse et de la société civile, garantissant leur participation structurée au débat public », appuie-t-il.
Quant à l’ajustement procédural et purement technique de la mère des lois, le Président de la République fera savoir qu’il s’inscrit dans la logique d’un perfectionnisme républicain. Des propos solennels du Chef de l’Etat, l’on retient surtout qu’il s’agit d’une démarche qui vise surtout à garantir que les textes les plus nobles ne soient jamais entravés par des imperfections d’application, et que l’édifice démocratique de l’Algérie repose sur des bases aussi opérationnelles qu’ambitieuses. Une démarche subtile dont l’objectif est de corriger des lacunes pratiques identifiées dans l’application de certains articles, à l’image des complexités entourant le renouvellement par moitié des membres du Conseil de la nation ou encore la nomination par décret présidentiel des vice-présidents de la Cour Constitutionnel que le Président a cité en exemple.
«Notre objectif est de consolider la stabilité»
Interrogé sur des interprétations malveillantes visant à lier cette démarche à une hypothétique ouverture vers un troisième mandat, le Président Tebboune a opposé une fin de non-recevoir absolue et claire. « Je rejette fermement ces allégations. Nos projets sont guidés par un esprit national et par la volonté de construire un État durable qui doit survivre aux individus », a-t-il dit. Des allégations qu’il a qualifiées « de manœuvres de déstabilisation », soulignant que le travail des institutions se fait avec patriotisme et sincérité, contrairement à celui de parties extérieures stipendiées et instrumentalisées. « Ces critiques visent à déstabiliser le pays. Notre objectif est au contraire d’en consolider la stabilité », a-t-il affirmé.
Cette mise au point sans ambiguïté scelle ainsi le débat et réaffirme le principe sacro-saint de l’alternance, pierre angulaire du système politique algérien rénové. En somme, et par la clarté des propos du président de la République, l’Algérie affirme une fois de plus la singularité et la résilience de son modèle politique, où la réforme procédurale sert la consolidation démocratique, et où la fermeté sur les principes garantit la stabilité et la confiance dans les institutions.
K. A.
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Dialogue politique en Algérie : «Le dialogue spectacle, je n’en veux pas»
Entre la promesse « d’un projet de société » et le filtre de la future loi sur les partis politiques, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a dessiné, samedi dernier, les contours du dialogue politique. Dans le cadre de la rencontre périodiques avec les médias nationaux, le Président Abdelmadjid Tebboune a une nouvelle fois placé la balle dans le camp de la classe politique. La rencontre avec la presse a servi de tribune pour définir, avec une fermeté notable, l’approche et les conditions préalable à l’initiative de dialogue politique qu’il promeut. Il s’agit pour le Chef de l’État d’une certaine vision de la construction démocratique et de la mise en œuvre d’un cadre législatif remodelé. Ses déclarations, tranchantes, esquissent une ouverture et un cadre exigeant, conditionnant toute participation à des critères de sérieux, de légalité et de représentativité. D’emblée, le Président a campé le terrain en opposant un dialogue authentique, à un simple spectacle politique en précisant que « le dialogue est une chose noble, mais n’est pas un jeu politique ». Il a par ailleurs rejeté toute approche qu’il a qualifiée de « spectacle », déclarant « montrer aux gens des réunions avec l’opposition juste pour la forme, cela n’est autre qu’un spectacle » et d’ajouter « le dialogue du spectacle je n’en veux pas ». Il s’agit de « construire un État solide dont les racines sont ancrées ». Selon lui, le processus doit être une « délibération démocratique » constructive. En opposant le « spectacle » à la « construction d’un État solide », le Président place la barre très haut. Seules des contributions perçues comme « constructives » et orientées vers un « projet de société » seraient recevables. Le Chef de l’Etat a indiqué que l’ouverture effective du dialogue est subordonnée à l’adoption de la nouvelle loi sur les partis politiques par le parlement, une loi qu’il a décrite comme devant « libérer la participation politique ». Tout en précisant la séquence à suivre « lorsque les partis seront restructurés suite à l’adoption de la nouvelle loi, ils seront invités au débat ». Les interlocuteurs identifiés seront « les formations politiques actives sur la scène publique et ayant des représentants et des élus ». M. Tebboune a souligné que ce dialogue devait être un espace où « les gens apprennent à discuter les uns avec les autres ». Mais, poursuit-il : « il faut envisager de travailler ensemble pour remédier aux problèmes ». L’objectif annoncé de cette concertation est qu’elle « aboutira à un projet de société ».
T. K.