Double anniversaire de la création de l’UGTA – Nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1971 : une décision cruciale sur la voie de l’émancipation économique

Le secteur énergétique algérien a franchi, depuis l'indépendance, d'importantes étapes et relevé de nombreux défis, notamment pour garantir la sécurité énergétique et renforcer la place de l'Algérie en matière d'approvisionnement, permettant ainsi au pays de se positionner comme un acteur incontournable sur la scène mondiale.

Depuis le recouvrement de sa souveraineté, le 5 juillet 1962, l'Algérie a consenti des investissements colossaux dans le domaine énergétique, multipliant les projets d'extraction et de transformation des hydrocarbures pour répondre à ses besoins nationaux et ceux du marché international, dans le cadre d'une vision prospective face aux multiples défis. Le secteur a été marqué dès le départ par une décision stratégique : la création, le 31 décembre 1963, de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach, devenue le pilier de la politique énergétique nationale. Elle s'est imposée comme un leader continental dans son domaine, œuvrant au service du développement du pays.

Avec la nationalisation de son industrie pétrolière en 1971, l’Algérie, ancienne colonie française, se défait définitivement du dernier écueil pour acquérir sa pleine souveraineté sur ses richesses et du coup consolider son indépendance, chèrement acquise.

Par ailleurs, les négociations entre la France et l’Algérie autour des produits pétroliers revêtent une dimension globale indéniable, notamment dans le cadre de la solidarité entre les pays arabes producteurs de pétrole. Cette lutte de longue haleine a conduit précisément l’Algérie à se constituer des outils alliant aussi bien jeunesse et compétence et ayant fait montre d’un niveau de maturité et de dynamisme qui leur permet de se présenter en interlocuteurs valables auprès de tous leurs partenaires. La nationalisation des hydrocarbures, le 24 février 1971, a également constitué une étape déterminante dans le processus de développement du secteur, en consacrant la souveraineté totale sur les gisements naturels.

Elle a imposé aux compagnies étrangères de s'associer à Sonatrach pour investir dans leur exploitation. En effet, le 24 février 1971, le gouvernement algérien a pris des mesures de nationalisation, en étendant son contrôle à l'ensemble du secteur des hydrocarbures. Il était devenu nécessaire que l'Algérie jouisse de toute latitude sur son marché pétrolier, et cesse de dépendre de sociétés étrangères. La nationalisation a également pour but de permettre à l'industrie algérienne de satisfaire à meilleur prix ses besoins énergétiques. Le cadre législatif devant régir les activités futures des sociétés pétrolières étrangères ainsi que le nouveau régime fiscal qui, dès lors, leur était applicable, est intervenu juste après.

C’est parce qu’elle dispose désormais de ces moyens d’action, que l’Algérie s'est insérée encore davantage dans le réseau des échanges économiques internationaux, en toute confiance, et avec la conviction qu’elle peut non seulement en tirer profit mais aussi apporter sa contribution pour que ces échanges profitent équitablement à chacun des partenaires. Au fil des années, d'importants investissements ont été engagés dans la réalisation d'infrastructures stratégiques, tant dans la pétrochimie que dans le raffinage, avec la mise en service de complexes gaziers tels que ceux d'Arzew et de Skikda, ainsi que des raffineries réparties à travers le pays, afin d'assurer la transformation locale des hydrocarbures. En termes de production de GNL, l'Algérie se classe actuellement au premier rang en Afrique et au 7e rang mondial en matière de capacité de liquéfaction, grâce à ses infrastructures de transformation modernes et à ses terminaux d'exportation stratégiquement situés. Le pays a également investi massivement dans les infrastructures de transport et de distribution.

Des centres de stockage d'hydrocarbures ont été construits dans plusieurs wilayas. Aujourd'hui, la majorité des Algériens bénéficient d'un accès à l'électricité et au gaz à des prix abordables, reflétant la volonté de l'Etat de généraliser l'accès à l'énergie à toutes les franges de la société. A travers Sonatrach, l'Algérie s'est imposée comme l'une des principales sources d'approvisionnement en gaz naturel et en gaz naturel liquéfié (GNL), notamment pour l'Europe, grâce à ses capacités de production et d'exportation, confirmant son statut de fournisseur fiable et sûr.

F. B.

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