Célébration de l’Aïd El-Fitr – D’est en ouest : l’esprit de l’Aïd pleinement vécu

Ph.:Nesrine.T
Ph.:Nesrine.T

Les Algériens ont célébré l’Aïd-El-Fitr dans la ferveur, la joie et la solidarité, entre prières, retrouvailles et traditions familiales.

Les Algériens ont célébré, vendredi, à l'instar de tous les musulmans, la fête de l'Aïd El Fitr, dans une ambiance de piété, de joie et de compassion, après un mois de jeûne. Aux premières lueurs de cette journée bénie, les fidèles commençaient à affluer vers les mosquées, pour accomplir la prière de l'Aïd. A la sortie des mosquées, les fidèles ont échangé les vœux et les souhaits, avant de rejoindre leurs foyers pour partager en cette journée exceptionnelle la joie autour d'un café ou un thé accompagné de succulents gâteaux algériens préparés pour la circonstance, comme c'est de coutume depuis des lustres. En effet, la fête de l'Aïd ne saurait être complète sans les savoureux "tchareks", "makroutelouz", "dziriyettes", "halwattabaa", "baklawa" et autres gâteaux. Cette fête est aussi synonyme de conciliation, d'apaisement et de rapprochement à travers les visites familiales, l'autre tradition amplement ancrée au sein de la société, pour consolider des liens, renouer d'autres ou même en établir de nouveaux. Et pour ceux qui n'ont pu se déplacer, les moyens technologiques viennent à la rescousse (SMS, appels téléphoniques voix ou visio). Les membres de la société civile et des bienfaiteurs choisissent, pour leur part, dans le prolongement de leurs actions pendant le mois béni, de se rendre aux hôpitaux, munis de cadeaux symboliques et de friandises, pour atténuer, un tant soit peu, la solitude des malades qui n’ont pas pu rejoindre leurs familles. La fête de l'Aïd est également l'occasion d'avoir une pensée pour ceux qui ne sont plus de ce monde. Dans une atmosphère de spiritualité et de recueillement, nombre de familles se rendent aux cimetières pour se recueillir sur les tombes de leurs proches disparus. Et afin de permettre aux citoyens de célébrer l’Aïd dans les meilleures conditions, plusieurs dispositions ont été prises. Il s’agit notamment de l’adaptation des services de transport public, de la mobilisation des bureaux de Poste, ainsi que de l’ouverture des commerces pour répondre aux besoins des familles durant ces jours de fête. La Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale ont déployé des dispositifs spécifiques, visant à assurer la fluidité du trafic routier et à garantir la sécurité des citoyens.

Farid B. /APS

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Avec un dispositif efficace et dissuasif : La permanence fait ses preuves

Il fut un temps, pas si lointain, où l’Aïd était synonyme de queues pour acheter du pain. Durant l’Aïd-El-Fitr qui vient de s’achever, le pain était largement disponible grâce à un système de permanence aussi efficace que redoutable. Faut-il faire la queue pour acheter le pain avant ou après la prière de l’Aïd ? C’est la question qui taraudait l’esprit de nombreux citoyens durant plusieurs Aïd successifs. C’est que les boulangers – tout comme d’autres commerçants – prenaient la liberté de ne pas ouvrir ces jours-là (et même plusieurs jours après) sous prétexte d’être des citoyens comme les autres ayant le droit eux aussi de ne pas travailler pour fêter l’Aïd. S’il est légitime pour eux de célébrer cette fête parmi les leurs, il ne faut pas, pour autant, qu’ils occultent leur rôle irremplaçable dans la vie quotidienne du citoyen. Si tous les agents de Sonelgaz, de la SEAAL, de l’Algérienne des eaux, de la Direction générale de la Sûreté nationale ou du commandement de la Gendarmerie nationale ne travaillaient pas le jour de l’Aïd, comment assurer la continuité du service public ? Afin de remédier à la défection récurrente des boulangeries et autres les jours de l’Aïd, un système de permanence a été mis sur pied, ces dernières années, pour qu’un certain nombre de commerçants soient ouverts ne serait-ce que durant la matinée. C’est un système qui permet d’assurer la disponibilité du pain et d’autres denrées alimentaires tout en offrant une souplesse dans les horaires. D’ailleurs, de nombreux boulangers concernés par la permanence de l’Aïd commencent à vendre du pain dès 03h00 afin de se libérer vers 10h00 ou 12h00 pour rejoindre la famille. Ce système a prouvé son efficacité puisque, durant l’Aïd El-Fitr qui vient de s’achever, le pain était disponible durant la matinée dans pratiquement toutes les wilayas du pays, plus particulièrement à Alger où il n’y avait nul besoin de faire la queue pour en acheter. En effet, 627 boulangeries ont ouvert sur les 848 en activité dans la capitale, sans compter les commerçants assurant d’autres activités liées à l’alimentation. Que ce soit pour Alger ou pour les autres wilayas, il suffisait aux citoyens de consulter l’applicationmorafik.com pour repérer les commerces ouverts près de chez eux. On a constaté également l’ouverture de nombreux commerces d’alimentation générale, de fruits et légumes, de volaille, de tabac, de téléphonie mobile et même de mécanique et de vulcanisation. De même, quelques marchés étaient ouverts au deuxième jour de l’Aïd, ce qui a été facilité par le système de permanence appliqué également aux marchés de gros de fruits et légumes. La permanence est donc un système très efficace tout en étant redoutable pour les contrevenants puisqu’en plus des contrôleurs des directions du commerce des wilayas, le citoyen peut vérifier le respect de la permanence et, éventuellement, signaler toute infraction. D’ailleurs, les quelques contrevenants, au nombre de 5 seulement au premier jour de l’Aïd, ont été identifiés et signalés le jour-même, ce qui constitue probablement une première : un à Relizane (produits laitiers), un à Blida (produits alimentaires), un à Guelma (boulangerie) et deux à Annaba (boulangerie), a annoncé le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national. Au deuxième jour de l’Aïd-El-Fitr, 55.735 commerçants ont respecté ce dispositif sur un total de 55.743 mobilisés à l'échelle nationale, soit une défection de 8 commerçants seulement, vite identifiés : un commerçant dans chacune des wilayas de Relizane (distributeur de lait), Boumerdès, Tiaret, Chlef, Constantine et Annaba (boulangeries), ainsi que deux commerçants à Mila (deux boulangeries). Par ailleurs, les services du ministère ont reçu de la part de citoyens, via l'application morafik.com, sept (7) signalements relatifs au non-respect du dispositif de permanence par certains commerçants dans les wilayas de Bouira, Sétif, Chlef et Tébessa. Des opérations de vérification sur le terrain ont été engagées et les procédures légales nécessaires ont été menées à l'encontre des contrevenants par les services de contrôle, conformément aux lois et règlements en vigueur. Forcément, un tel dispositif donne beaucoup à réfléchir aux commerçants qui sont tentés par «resquiller». Une fête, même religieuse, ne doit en aucun cas être pénalisante pour la population, bien au contraire. Des commerçants n’hésitent pas à se passer de repos hebdomadaire lorsque cela les arrange, comme pour les boulangers et les commerces d’alimentation générale durant le mois de Ramadhan. Il serait donc injuste et, surtout, égoïste qu’ils s’abstiennent de travailler ne serait-ce qu’une demi-journée les jours de l’Aïd.

F. A.

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