La convocation par le président de la République du corps électoral pour le scrutin des législatives désormais officiellement fixée le 2 juillet prochain marque l’acte fondateur d'une nouvelle ère pour la gouvernance électorale en Algérie.
Cette échéance électorale sera en effet le point d'orgue d'une 9e législature (2021-2026) qui a fait preuve d'une activité législative d'une intensité rare, examinant des projets de loi touchant à tous les secteurs d'activité, du politique à l'économique, du social au sectoriel, comme en attestent plus d’une vingtaine de projets de loi inscrits à l'ordre du jour de la seule session 2025-2026. Sur le plan institutionnel, l'adoption de la loi portant organisation territoriale a constitué une avancée majeure, en consacrant la promotion de onze circonscriptions administratives en wilayas à part entière, portant le nouveau découpage du pays à 69 wilayas. Cette transformation territoriale s'est accompagnée d'une refonte complète de la carte électorale, le Parlement s'apprête à adopter un projet de loi définissant les sièges pour chacune de ces nouvelles wilayas à l’APN et au Conseil de la Nation.
Dans le domaine de la mémoire nationale et de la souveraineté juridique, le Parlement a adopté en mars dernier une loi criminalisant la colonisation française, un texte historique qui instaure des peines de prison pour l'apologie du colonialisme et établit la responsabilité de l'État français, marquant le passage de la revendication morale à un cadre juridique clair. Cette loi transcende le cadre national pour devenir la pierre angulaire d'une école juridique algérienne susceptible d'inspirer les peuples aspirant à la justice. Par ailleurs, le chantier législatif a été marqué par l'examen de la loi organique sur les partis politiques, approuvée en Conseil des ministres en décembre 2025, qui a suscité un débat riche avec 53 amendements proposés, visant à élargir la protection des référents nationaux intouchables, incluant les symboles des résistances populaires. Sur le plan économique et social, la 9e législature a été ponctuée par l'adoption du code du commerce, du code de la route, ainsi que de textes relatifs aux assurances sociales, à la retraite et aux Wakfs, sans oublier le projet de loi de finances pour 2026.
Cette effervescence législative a été portée en outre par une diplomatie parlementaire d'une rare intensité, qui a considérablement consolidé le rayonnement de l'Algérie sur la scène arabe, africaine, régionale et internationale.
L'APN a vu d’ailleurs son président Ibrahim Boughali, être réélu à la présidence de l'Union interparlementaire arabe (UIPA) pour un nouveau mandat, en décembre 2024, une décision unanime saluée comme une reconnaissance du rôle actif et rassembleur de l'Algérie dans le paysage parlementaire régional.
Un autre succès diplomatique retentissant a été l'adhésion de l'Algérie, en septembre 2025, à l'Assemblée parlementaire de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (AIPA) en tant qu'unique membre observateur africain, une première qui ouvre de larges perspectives pour l'échange d'expertises législatives avec des puissances comme l'Indonésie, la Malaisie ou le Vietnam.
K. A.