Tunisie, Niger, Tchad, Mauritanie, Angola, Afrique du Sud… L’Algérie consolide sa place en Afrique

Ph. : Wafa
Ph. : Wafa

Portée par une diplomatie fondée sur le respect mutuel, le co-développement et la souveraineté des États, l’Algérie consolide son influence en Afrique, à travers des partenariats stratégiques, des projets structurants et une coopération affranchie des logiques de dépendance.

La 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce (AFIC 12), qui s’est terminée hier à Alger, a été couronnée de succès. La 8e Foire des produits et services algériens à Nouakchott, qui s’achève aujourd’hui, a également connu un retentissement remarquable.
La réussite de ces deux rendez-vous économiques de grande envergure vient s’ajouter aux récentes visites de plusieurs chefs d’État et hauts responsables africains en Algérie, à l’instar du président du Niger, le Général Abdourahamane Tiani en février 2026 et du président du Tchad, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno en avril dernier, qui illustrent avec force le rôle grandissant du pays sur la scène continentale. Ces visites, et tant d’autres, traduisent non seulement la reconnaissance de la place stratégique qu’occupe l’Algérie en Afrique, mais également la volonté affirmée de nombreux partenaires africains de renforcer leurs relations avec une puissance régionale dont la diplomatie repose sur des principes de respect mutuel, de souveraineté nationale et de coopération équilibrée.

Fidèle à sa doctrine diplomatique fondée sur le partenariat gagnant-gagnant, l’égalité entre les États et le refus de toute forme de tutelle ou d’ingérence, l’Algérie s’impose aujourd’hui comme un acteur crédible et recherché. Son approche se distingue nettement des schémas traditionnels de coopération souvent marqués par des rapports déséquilibrés, notamment avec certaines anciennes puissances coloniales ou partenaires du Nord, où l’assistance demeure parfois conditionnée par des intérêts extérieurs. À l’inverse, l’Algérie privilégie un modèle de coopération basé sur le transfert réel de savoir-faire, le partage d’expertise, l’investissement structurant et l’accompagnement concret vers l’autonomie économique et stratégique.

Une orientation qui séduit

Cette orientation séduit de plus en plus de pays africains désireux de consolider leur souveraineté et de diversifier leurs partenariats. Les exemples du Niger et du Tchad sont particulièrement révélateurs. Dans ces pays affectés par les menaces sécuritaires et subissant une forte pression socio-économique, l’Algérie développe des relations basées sur la solidarité et la coopération multidimensionnelle, loin des logiques d’exploitation ou de dépendance.

Elle privilégie ainsi une relation construite sur l’écoute des besoins exprimés localement plutôt que sur l’imposition de modèles préfabriqués. Cette coopération ne se limite bien évidemment pas aux enjeux sécuritaires, même si ceux-ci demeurent centraux dans une région traversée par les trafics transfrontaliers, les groupes terroristes et les crises humanitaires. Elle s’étend à des domaines structurants tels que l’interconnexion énergétique, l’accès à la formation, le partage d’expertise technique, la santé, les infrastructures et l’accompagnement au développement local dans les zones frontalières.

L’objectif n’est pas uniquement de contenir l’instabilité, mais de traiter les facteurs qui l’alimentent durablement tels que la faiblesse des services publics, le chômage des jeunes et la vulnérabilité économique. Cette démarche contribue réellement à renforcer la stabilité régionale et à consolider la place de l’Algérie dans le Sahel. Ce que fait et ce que propose l’Algérie à ses partenaires africains, c’est une coopération de co-développement sans injonctions ni agendas d’influence.

Une dynamique ascendante

Les relations avec l’Angola connaissent également une dynamique ascendante, portée par une volonté commune de hisser la coopération bilatérale à des niveaux plus élevés et plus structurés dans plusieurs secteurs. Cette dynamique se traduit par un renforcement progressif du dialogue politique et par une intensification des échanges dans plusieurs secteurs comme l’énergie, les hydrocarbures, les mines, l’agriculture, la défense, la formation, ainsi que la coopération diplomatique au sein des instances africaines et internationales. L’Algérie a d’ailleurs apporté son soutien à l’Angola durant son mandat à la présidence tournante de l’Union africaine (UA) en 2025, en appuyant les initiatives visant à renforcer l’intégration africaine, la paix et la sécurité sur le continent, ainsi qu’à promouvoir les priorités de développement durable.

Cette coordination étroite reflète la convergence des positions des deux pays sur les grandes questions africaines et leur attachement commun aux principes de solidarité, de souveraineté et de coopération Sud-Sud. Quant à la Tunisie et à la Mauritanie, elles représentent aujourd’hui deux espaces privilégiés de projection de la politique de voisinage de l’Algérie, qui ne se contente plus d’entretenir des relations de bon voisinage au sens classique du terme mais elle les inscrit plutôt dans une logique d’intégration régionale pragmatique, centrée sur les complémentarités économiques, la fluidité des échanges commerciaux et la sécurisation des espaces frontaliers. Avec la Tunisie, la coopération revêt une dimension particulièrement stratégique.

Les interconnexions énergétiques, l’approvisionnement régulier en gaz, l’intensification des échanges commerciaux, la coordination sécuritaire et la multiplication des investissements croisés traduisent une volonté commune de consolider un espace maghrébin de stabilité dans un environnement régional marqué par les incertitudes.
L’Algérie a également joué un rôle de soutien économique important pour la Tunisie durant les périodes de fortes tensions financières.

Au service d’une Afrique plus souveraine

La relation avec la Mauritanie connaît, elle aussi, une évolution significative. Longtemps limitée à une coopération politique et sécuritaire, elle tend désormais à se structurer autour de projets économiques et logistiques à fort potentiel. La réalisation d’une zone franche avec la Mauritanie et la construction de la route reliant le sud-ouest algérien au territoire mauritanien, ainsi que les perspectives de création de corridors commerciaux vers l’Afrique de l’Ouest, traduisent l’ambition d’ériger cet axe en véritable espace de circulation économique et d’intégration sahélo-maghrébine.

L’Afrique du Sud, autre acteur majeur du continent, s’inscrit elle aussi dans une dynamique de convergence croissante avec l’Algérie autour de principes communs liés à la souveraineté des États africains, à la réforme de la gouvernance mondiale, au multilatéralisme et à la promotion d’un développement affranchi des dépendances extérieures.

Les deux pays, parmi les économies et les puissances diplomatiques les plus influentes du continent, partagent une même lecture des grands enjeux africains et défendent une vision fondée sur le renforcement des capacités africaines, la résolution politique des crises et la consolidation du rôle de l’UA dans la gestion des affaires du continent. Cette convergence a connu une impulsion importante à la faveur de la visite en décembre 2024 du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, en Algérie, qui a marqué une étape significative dans le raffermissement du partenariat stratégique entre Alger et Pretoria. Cette visite a donné un nouvel élan à la coopération bilatérale, en ouvrant des perspectives élargies dans des secteurs tels que l’énergie, les mines, l’industrie pharmaceutique, la formation, les nouvelles technologies, l’agriculture et les échanges commerciaux.

L’Algérie et l’Afrique du Sud entretiennent par ailleurs une relation marquée par un héritage historique et politique dense, nourri par les solidarités nouées durant les luttes de libération nationale et contre l’apartheid. Cet héritage continue d’alimenter cette relation marquée par la concertation renforcée et la recherche d’intérêts communs à long terme.

À travers cette dynamique diplomatique soutenue, l’Algérie renforce progressivement son positionnement comme pilier central de la coopération africaine, moteur de stabilité régionale et promoteur d’une nouvelle architecture continentale fondée sur l’émancipation, la solidarité et le développement partagé. Par son action constante, sa crédibilité historique et sa vision stratégique, l’Algérie affirme ainsi son rôle de puissance africaine incontournable, capable de fédérer autour d’elle des partenariats durables au service d’une Afrique plus souveraine, plus intégrée et résolument tournée vers son propre essor.

M. A. O.

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