Le dirigeant des Émirats, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, se distingue par sa trahison envers l’Algérie : le Brutus du Golfe

«Toi aussi, Brutus ?» s’exclamait le maître de Rome, Jules César, lorsqu’il avait reconnu que parmi ses meurtriers se trouvait Marcus Junius Brutus, un homme en qui il avait une confiance aveugle. Cette exclamation, prononcée il y a deux mille ans, est devenue depuis le symbole universel de la trahison. Rome avait Brutus et le Golfe a son émir.

Coups de poignard dans le dos, magouilles diplomatiques et conspirations : le dirigeant émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane (MBZ) s’est distingué par sa trahison envers l’Algérie. Il a réussi le «coup de force» d’infléchir le cours de l’histoire d’une relation fraternelle entre deux pays et de lui substituer une ambiance toxique et des rapports franchement belliqueux. Comment oublier les relations fraternelles entre Houari Boumediène et Zayed ben Sultan Al Nahyane ? 
 
L’Algérie se faisait un devoir de booster l’économie naissante des Émirats arabes unis. Tout a commencé en 1969, quand le fondateur de la fédération des Émirats arabes unis, Cheikh Zayed Ben Sultan Al Nahyane, a sollicité l’aide du Président Houari Boumediène pour la création d’une compagnie pétrolière, afin de libérer son pays de l’emprise des multinationales. Sans hésitation, le défunt Boumediène envoie, le 2 décembre 1971, une équipe de jeunes cadres de la Sonatrach, dirigée par le brillant Mahmoud Hamra Krouha. Ce dernier était diplômé de la Sorbonne, où il a obtenu un doctorat en économie. 
 
À 24 ans, il s’était déjà distingué par ses propositions dans le domaine des hydrocarbures, lors des Accords d’Évian. 
Quatre ans plus tard, soit le 1er juin 1973, Krouha mit sur pied l’«Abu Dhabi National Oil Company» (ADNOC). 
Il a supervisé la mise en place de la chaîne de valeur, la négociation de contrats de partenariat avec les multinationales et surtout la formation des cadres émiratis. Ainsi naquit le premier jalon d’une richesse sur laquelle repose aujourd’hui la quasi-totalité de l’économie des Émirats. Hamra Krouha a dirigé cette entreprise florissante d’une main de maître jusqu’en 1987. 
 
Que reste-t-il aujourd’hui de ce travail de fourmi accompli par les cadres de Sonatrach ? Le récit officiel émirati ne mentionne aucune trace de l’Algérie ni de son rôle, encore moins celui de Mahmoud Hamra Krouha. D’un trait de plume, Mohammed ben Zayed Al Nahyane efface un chapitre glorieux de l’histoire d’une coopération interarabe. Ingratitude flagrante envers un pays frère qui n’a pas été avare en aide et en conseils. Depuis que le régime émirati a été missionné par Washington pour être le chef de file du processus de normalisation avec l’entité sioniste et le bradage, sans état d’âme, de la cause palestinienne, MBZ s’accroche à son rôle de prima donna politique et aiguise le poignard silencieux de la diplomatie.
 
C’est alors que les velléités malveillantes des Émirats se sont ostensiblement manifestées envers l’Algérie. 
Avec une méthodologie machiavélique, tout ce qui est algérien est ciblé à travers le monde. La dégradation des relations avec les Émirats n’est pas une vue de l’esprit, mais fondée sur des éléments probants d’une stratégie de déstabilisation. Les Al Nahyane usent et abusent de moyens de déstabilisation subtils : désinformation, fake news, faux récits, usage excessif des plate-formes numériques, pour semer le doute, financement de sondages orientés pour saper le moral de la société algérienne… Il s’agit bien d’une cyber-guerre menée contre l’Algérie, qui s’oppose à toute démarche de normalisation, tant que l’entité sioniste ne reconnaît pas officiellement la création d’un État palestinien avec pour capitale Al Qods. Étrange coïncidence d’ailleurs : la dégradation des relations entre Alger et Abou Dhabi intervient durant la signature des Accords d’Abraham en 2020. L’Algérie estime, à raison, que la présence israélienne au Maghreb et au Sahel constitue une menace directe pour sa sécurité aux frontières. Pour généraliser la normalisation des relations avec Israël et isoler l’Algérie récalcitrante, les Émirats s’allient avec le Maroc pour faire du lobbying au sein de la Ligue arabe et de certains pays africains. 
La liste des griefs retenus contre ce petit émirat est encore plus longue. 
 
Ce sont les Émirats qui ont livré au Maroc des systèmes de surveillance et d’espionnage israéliens ciblant directement l’Algérie. Avec le Maroc et Israël, ils dépensent des millions de dollars pour déstabiliser le pays et remettre en cause son influence au Sahel et en Afrique du Nord. Les jeux troubles qu’ils mènent dans les pays frontaliers du sud de l’Algérie, notamment en Libye et au Mali, sont également préoccupants. Le cas libyen en est très illustratif.  
 
Comment ne pas voir l’empreinte émiratie dans les comportements et les propos belliqueux envers l’Algérie de l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, soutenu avec armes et bagages par les Émirats ? S’agissant du Mali, les Émirats fournissent du matériel militaire à l’armée malienne, sans compter le soutien financier qu’ils auraient apporté aux activités de la société de sécurité privée Wagner au Mali et dans d’autres pays de la région. Ils auraient également financé l’acquisition, par Bamako, de drones de combat. L’Algérie restera-t-elle les bras croisés face à ces attaques répétées et de plus en plus agressives ? 
 
Le Président Abdelmadjid Tebboune rappelle à chaque occasion que «la souveraineté nationale est une ligne rouge» et que les provocations répétées contre notre pays «ne resteront pas sans une réponse ferme».  
 
B. T.

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