Lutte contre les stupéfiants, téléphonie mobile, enseignement coranique et compléments alimentaires : ce que propose le Gouvernement

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, hier, la réunion hebdomadaire du gouvernement.
Plusieurs points étaient à l’ordre du jour, dont la lutte contre les stupéfiants, la régulation de l’enseignement coranique, l’encadrement de l’industrie des compléments alimentaires et la désactivation des réseaux de la 2G et de la 3G.

Le gouvernement a examiné un projet de décret exécutif fixant les conditions et les modalités de motivation à l’identification et/ou à l’arrestation des auteurs des infractions relatives aux stupéfiants et aux substances psychotropes et/ou à mettre fin à l’infraction. Ce texte s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la drogue 2025-2029 approuvée par le Conseil des ministres qui s’est tenu le 20 avril 2025. Ce projet de texte vise notamment à consolider les mécanismes de prévention, de dissuasion et de répression de l’usage et du trafic illicites des stupéfiants, en associant les différentes franges de la société dans une démarche inclusive, à travers l’octroi d’intéressements pécuniaires et autres aux citoyens qui fournissent des informations permettant l’arrestation des auteurs de ces infractions.

Pour rappel, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait affirmé il y a une année, à l’occasion d’un Conseil des ministres, que l’Algérie fait face à une guerre non déclarée, dont l’arme est la drogue sous toutes ses formes, et avait ordonné d’approfondir l’étude et le débat autour de la stratégie nationale et du projet de loi concernant la prévention contre les drogues et les substances psychotropes, le projet de loi et la stratégie nationale de prévention étant une affaire de sécurité nationale, tout en appelant à l’adoption d’une approche globale de lutte contre ce phénomène, à commencer par des mécanismes de terrain pour endiguer le fléau à travers la sensibilisation, le suivi et le traitement, jusqu’à la dissuasion et l’application des sanctions les plus sévères contre les trafiquants et les consommateurs de drogues, notamment dures, afin de protéger nos jeunes contre ce fléau étranger à la société. L’octroi d’intéressements à ceux qui fournissent des informations permettant l’arrestation de trafiquants de drogue participe de cette approche globale.

L’industrie des compléments alimentaires bientôt encadrée

Par ailleurs, et dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, le gouvernement a examiné un projet de décret exécutif fixant les spécifications techniques des compléments alimentaires destinés à la consommation humaine et leur encadrement. Fondé sur les directives du programme commun de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce projet de texte vise à combler le vide juridique en matière de sécurité et d’innocuité des compléments alimentaires pour éviter les conséquences néfastes pour la santé des citoyens. A ce titre, cette nouvelle réglementation détermine les spécifications techniques des compléments alimentaires destinés à la consommation humaine et fixe la liste des vitamines et sels minéraux autorisés et leurs doses maximales.

Il est à rappeler que des cas de complications gastriques ou sanitaires, liées à la consommation incontrôlée de produits présentés comme étant des compléments alimentaires, sont régulièrement signalées. A cause du vide juridique en la matière, des potions présentées comme « miraculeuses » pour soigner des maladies, pour perdre du poids ou pour gagner en musculature. Cela peut provoquer même la mort des consommateurs dans certains cas, d’où l’opportunité de l’élaboration d’un encadrement réglementaire de cette industrie.

Nécessité de réguler l’enseignement coranique

D’autre part, le gouvernement a entendu une communication sur l'enseignement coranique qui constitue, dans notre pays, un patrimoine culturel profondément enraciné, ayant contribué à renforcer le référent religieux national à travers les générations. Les institutions religieuses et les structures d'enseignement coranique jouent un rôle central dans l’apprentissage du Coran et de ses sciences avec plus de 1.250.000 adhérents, encadrés par près de 40.000 encadreurs.

Face à l’essor de l’enseignement coranique et afin de s’adapter à la transformation numérique, il est devenu indispensable d’organiser et de réguler cette activité, notamment en la soumettant à un cahier des charges et en apportant un accompagnement aux acteurs concernés en vue de préserver le référent religieux national, de renforcer la cohésion sociale, de consolider les valeurs de modération et de connecter les jeunes générations à leur patrimoine algérien authentique. Il est utile de rappeler que de très nombreuses associations sont agréées par l’Etat pour l’enseignement coranique, mais des entités non agréées, agissant individuellement ou en groupe, prodiguent, parfois à distance par des moyens électroniques, un enseignement coranique non conforme au référent religieux national et susceptible, dans certains cas, de générer la « fitna » (discorde)

Bientôt l’extinction de la 2G et de la 3G

Enfin, le gouvernement a entendu une communication sur le processus de désactivation des réseaux de télécommunications 2G et 3G en Algérie ainsi que l’organisation et sécurisation de l’acquisition des téléphones mobiles pour le marché national. Depuis l’avènement et le déploiement des réseaux 4G et 5G sur le marché national, l’extinction des technologies 2G et 3G est devenue une nécessité, motivée par des raisons technologiques et économiques, notamment afin de permettre la libération des ressources spectrales et le développement des réseaux plus avancés de la 4G et la 5G, d’une part, et la réduction des coûts de l’entretien et de la maintenance des équipements et supports des réseaux 2G et 3G, d’autre part.

A ce titre, un plan d’action a été proposé pour la mise en œuvre progressive de la migration vers les nouveaux réseaux et l’extinction définitive des réseaux 2G et 3G à l’horizon 2029.

Dans le même cadre, il est impératif d’accompagner ce développement technologique par la mise à niveau de la réglementation en vigueur afin de garantir la disponibilité des téléphones mobiles, tout en faisant face aux risques liés à la cybercriminalité et au fonctionnement des réseaux nationaux de télécommunications.

Rappelons que les télécommunications algériennes sont passées récemment à la 5G, rendant la 2G et la 3G obsolètes. Reste à relever le défi de la sécurisation des téléphones mobiles contre le piratage et la cybercriminalité, chantier sur lequel s’attelle le gouvernement.

F. A.

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