Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a affirmé, jeudi à Nouakchott, que la signature d’un mémorandum d’entente entre l’Algérie et la Mauritanie pour la création d’une commission bilatérale frontalière algéro-mauritanienne «est un nouveau jalon dans notre coopération bilatérale», ajoutant que le développement des zones frontalières est classé en tête «des priorités» du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui «accorde, depuis son élection, une attention particulière à la population de ces régions, à travers la programmation et la réalisation des différents projets économiques, éducatifs, sportifs et autres».
Dans son allocution, lors de la signature du mémorandum d’entente au siège du ministère mauritanien de l’Intérieur, M. Beldjoud a indiqué qu’elle «constitue un nouveau jalon dans notre coopération bilatérale». Le ministre a salué, dans ce sens, «le rôle important et actif de l’Armée nationale populaire digne héritière de l’Armée de libération nationale dans la sécurisation et la protection de nos frontières contre toute menace étrangère, le terrorisme et le crime organisé sous toutes ses formes». La création de ce mécanisme frontalier «est un pas important louable, par le rôle pionnier qu’il aura dans le développement et la sécurisation de la zone frontalière commune, au mieux des intérêts de leurs habitants».
M. Beldjoud s’est dit convaincu que ce «nouveau mécanisme aura un rôle important à jouer dans la réalisation du double défi, développement et sécurité, et la proposition de nouveaux moyens pour faire face aux défis actuels, d’autant qu’il regroupe l’ensemble des secteurs ministériels des deux pays et les services de sécurité, et revêt un caractère local, en ce sens qu’il s’intéresse aux questions liées directement aux zones frontalières communes».
Évoquer la zone commune, son développement et sa sécurisation «signifie aménager cette région et l’ériger en pôle socioéconomique par excellence, ceci ne saurait se réaliser qu’en adoptant un plan d’action commun, en vue de tracer les objectifs, de mobiliser les moyens à même de mener à bien cette démarche, tout en œuvrant à la concrétisation de véritables projets de développement mutuellement bénéfiques».
Dans le même contexte, il a invité les experts des deux pays à préparer la première réunion de la Commission bilatérale frontalière et proposé qu’elle ait lieu en Algérie, «dans les meilleurs délais, si la situation sanitaire liée à la pandémie de coronavirus le permet», les appelant à «œuvrer ensemble au développement de cette commission qui doit être à la hauteur des aspirations de nos peuples et au diapason des défis actuels». Dans ce cadre, le ministre a affirmé que le point de passage frontalier algéro-mauritanien «revêt une importance capitale dans la relance d’une nouvelle dynamique économique et commerciale au service des ambitions socioéconomiques des deux peuples frères, et se veut une passerelle, en vue de consolider les liens de fraternité et de solidarité entre les citoyens de la zone frontalière commune». «Pour préserver et développer cet acquis, il importe d’intensifier la coopération en la matière et d’aplanir les difficultés qui se dressent», a ajouté le ministre, avant d’appeler les opérateurs économiques «à contribuer et à participer à la concrétisation de cette démarche». «Nous devons travailler, côte à côte, au développement de ce poste frontalier, qui ne doit pas être limité uniquement à la circulation des personnes, mais aussi à l’adoption de tout ce qui est à même de développer et de promouvoir les échanges commerciaux et économiques, et de sécuriser la région contre tout risque ou crime transfrontalier». À cette occasion, il a salué le niveau de la coopération entre les deux départements ministériels et les résultats «positifs» enregistrés, indiquant que «30 agents de la police mauritanienne ont bénéficié, entre 2017 et 2019, d’une formation spécialisée». En matière de protection civile, M. Beldjoud a salué la rencontre qui a réuni le directeur général de la Protection civile avec son homologue algérien, durant la visite de travail effectuée en Algérie en 2018, appelant à «la tenue d’une autre rencontre entre les deux institutions, en intensifiant la coopération bilatérale à l’avenir».
Indiquant que la coopération décentralisée figure entre autres domaines auxquels les deux départements ministériels accordent un intérêt soutenu, il a salué la convention de coopération décentralisée entre la commune de Tindouf et Bir Moghreïn, signée entre les deux parties, le 22 mars 2018, appelant à «parachever l’étude et la signature des autres conventions de coopération». M. Beldjoud a réaffirmé sa disposition à organiser des formations dans les domaines de l’administration et du développement local au profit des cadres mauritaniens. Le ministre de l’Intérieur a été reçu à l’aéroport international de Nouakchott par son homologue mauritanien Mohamed Salem Ould Merzoug, en compagnie de l’ambassadeur d’Algérie, Noureddine Khendoudi.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales qui ont connu un bond qualitatif durant les dernières années, renforcées davantage après l’arrivée au pouvoir du Président Abdelmadjid Tebboune et de son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazaouani.
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Beldjoud reçu par le Premier ministre mauritanien
Kamel Beldjoud a été reçu, jeudi à Nouakchott, au terme de sa visite en Mauritanie, par le Premier ministre mauritanien, Mohamed Ould Bilal, en présence de l’ambassadeur d’Algérie et de responsables mauritaniens. Dans une déclaration à l’issue de la rencontre, M. Beldjoud a indiqué avoir «été honoré par l’audience que m’a accordée le Premier ministre, Mohamed Ould Bilal, à qui j’ai transmis les salutations de son frère le Premier ministre, Abdelaziz Djerad».
La rencontre a été une occasion d’évoquer les relations «historiques et exceptionnelles» algéro-mauritaniennes, affirmant que sa présence en Mauritanie témoigne de la volonté de «les développer et de les hisser au niveau des aspirations des deux peuples frères».
Le ministre est arrivé, jeudi matin à Nouakchott, dans le cadre d’une visite de travail d’une journée, au cours de laquelle il a coprésidé, avec son homologue mauritanien, la signature d’un mémorandum d’entente pour la création d’une commission bilatérale frontalière algéro-mauritanienne.